MARS 2009 N°41  
Dans ce numéro
EDITO :  RH et managers dans la tourmente 

 

 

Edito
Décider
Agir
Mesurer
Améliorer


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mon travail, aux côtés d'acteurs économiques divers, m'offre depuis plus de cinq ans, de multiples opportunités de partager des méthodologies et des approches, mais surtout, cette position est un formidable observatoire de pratiques, riche d'enseignements et pourvoyeur d'innovations.
L'imprévisibilité des marchés, le décrochement des chiffres, les indicateurs dans le rouge, les fluctuations si violentes que leur sens échappe…. Autant de sources d'inquiétudes et d'interrogations pour bon nombre d'acteurs économiques.
Dans cette tourmente aux mille visages, je suis chaque jour enthousiasmée par votre détermination à agir avec recul, intelligence et responsabilité. Pour cette raison, j'ai décidé de vous dédier cet édito, vous les femmes et les hommes d'entreprises, RH, managers, dirigeants, chefs de projets, collaborateurs… J'ai envie de rendre hommage à l'énergie et à la créativité déployées pour contrer les situations absurdes et désespérantes auxquelles nous devons faire face aujourd'hui.
Pendant que la presse nous égrène le nom des usines qui ferment et que le boulier médiatique additionne les suppressions de postes, vous agissez pour le bien de vos entreprises et de vos collaborateurs. Je suis frappée par la volonté partagée de préserver les compétences, la motivation et, autant que faire se peut, les emplois.
En termes RH, vous continuez à investir en formation et à profiter même de la situation pour former vos collaborateurs à des sujets ciblés. À ce titre, et en aparté, je me permets de vous rappeler que la Région Alsace finance, sous conditions, des actions de formation pour les personnels en chômage partiel.
À quelques exceptions près, vous êtes sous gel d'embauche, mais vous continuez à gérer les talents avec implication et régularité. Certains d'entre vous, contraints par des politiques de groupes, se sont vu imposer des gels de salaires mais ont réussi à en amortir les effets cette année par des primes exceptionnelles sur performance. D'autres ont réinternalisé de la production délocalisée ou ont déjà entièrement redéfini leur stratégie… Les compteurs de modulations sont négatifs un peu partout, les RTT soldées, les congés planifiés… Les managers sont soutenus et la conduite de changement bat son plein. Les négociations avec les partenaires sociaux sont ouvertes ou possibles et le sang-froid reste de mise, même si les tensions existent et que l'inquiétude est bien présente. L'un d'entre vous me disait dernièrement en évoquant une inévitable restructuration "ça y est, c'est reparti, je ne pensais pas devoir m'y remettre si vite"…
La crise économique est venue bousculer les plans, les prévisions, les stratégies, les GPEC, les perspectives et les motivations. Elle relativise les pratiques, est usante pour les acteurs, voire déstabilisante pour ceux dont elle remet le quotidien en cause.
Vous démontrez néanmoins que vous savez garder le cap et que vous donnez à vos entreprises et à vos métiers une dimension de bon sens, de raison et d'humanité.
Bravo à vous tous, et bonne continuation dans vos entreprises !

                                                                    Véronique THIEL

DECIDER... Les bonnes mesures.

 

 

 

 


Toutes ces mesures atteignent 2,6
milliards d'euros
pour l'Etat.


« Revaloriser le travail […] par le seul chemin qui vaille : celui de l’effort ». Son plan d’aide ainsi résumé, le chef de l’Etat a exclu toute augmentation du SMIC et encouragé les partenaires sociaux à s’entendre sur une meilleure répartition des bénéfices en faveur des salariés.
Face à la crise économique et sociale, Nicolas Sarkozy a exposé les mesures  qu’il compte mettre en œuvre :
- Augmentation de l'indemnisation des salariés au chômage partiel à 75 % du salaire brut
- Création d'un fonds d'investissement social doté de 2,5 à 3 milliards d'euros
- Prime exceptionnelle de 500 euros aux salariés devenus demandeurs d'emploi
- Suppression d'une partie de l'impôt sur le revenu
- Prime de 150 euros pour 3 millions de familles
- Mise en place de "bons d'achat" de services à la personne de 200 euros par foyer
- Encadrement des bonus des patrons
- Modulation par les banques des échéances des salariés au chômage partiel
Toutes ces mesures atteignent 2,6 milliards d’euros pour l’Etat. C’est presque le double de la somme annoncée le 5 février dernier et jugée alors « nettement insuffisante » par les syndicats. Les efforts sont là, y a plus qu’à…

 

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AGIR… Pour les fonctions de direction.

 

 


... avec un turnover
de 17,8% en 2008, l'Europe est la zone
la plus précaire...


 

 

Une étude de l’EDHEC révèle la fragilisation des fonctions de direction. Isabelle Mari et Valérie Petit, respectivement Professeur de stratégie et Directrice de l’EDHEC, analysent les causes de cette précarisation. Elles proposent de replacer la légitimité des équipes dirigeantes au cœur de la gouvernance d’entreprise.
En effet, avec un turnover de 17,8% en 2008, l’Europe est la zone la plus précaire (15,2% pour les Etats-Unis et 10,6% au Japon). Ces chiffres soulignent bien la crise que connaissent les fonctions dirigeantes et leurs conséquences sont négatives pour les entreprises.
Le modèle d’analyse proposé permettra de mesurer les effets du bien-fondé des dirigeants, les conditions de leur légitimité à la tête des entreprises et d’identifier ses pratiques positives.

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MESURER… Les mesures "RH" de l'Administration. 

 


Les mesures de gestion des rh concernent [...]
les conditions
de travail des
agents.


Eric Woerth et André Santini exposent les mesures « ressources humaines » de la réforme de l’administration territoriale de l’Etat aux partenaires sociaux lors du Conseil supérieur de la fonction publique de l’Etat.
Les mesures de gestion des ressources humaines présentées par le ministre du Budget et le secrétaire d’Etat concernent le processus d’affectation, la gestion et la rémunération, les conditions de travail et d’emploi des agents.
Ainsi, une charte de gestion établie au niveau national précisera les conditions d’organisation du dialogue entre les administrations et les directions.
Lyon, Marseille, Lille, Blois, Angers… André Santini se déplace régulièrement pour rencontrer et écouter les agents de l’Etat et les organisations syndicales départementales.

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AMELIORER… Le développement durable.

 

 


La publicité est la
plus touchée par
cette épidémie:
tout ce qu'elle
affiche est "écolo"...


 

 

 

 


Rédaction:
Véronique THIEL

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La mode est au vert à tout prix. Le développement durable est partout mis en avant, même pour des produits à l'origine du trou dans la couche d'ozone, entraînant l'indignation de certains consommateurs avertis et du collectif Alliance pour la planète.
L'Expansion a donc décidé de mettre en rapport les façades écolos affichées par les grands groupes avec les notations qui leur sont délivrées dans ce domaine… Et les résultats sont édifiants : ce sont ceux qui en parlent le plus qui en font le moins (Alstom, Alcatel…) !
La RSE, « responsabilité sociétale et environnementale », est une nouvelle contrainte imposée aux entreprises qui tentent de surfer sur cette vague pour redorer leur blason. Mais attention : cette communication institutionnelle doit correspondre à une réalité concrète et ne pas se limiter à une simple succession de bonnes intentions comme c'est souvent le cas.
La publicité, elle, est la plus touchée par cette épidémie : tout ce qu'elle affiche est aujourd'hui "écolo" et les professionnels s'accordent pour dire que c'est parti pour durer.
L'union des annonceurs a d'ailleurs été sommée de limiter les ardeurs des annonceurs par le gouvernement sous peine de sanctions face à certains abus de « greenwashing ». Comment pourra-t-elle « faire la police » ? Nul ne le sait...
Dans ce domaine, la médaille d'or revient aux constructeurs automobiles qui nous font croire que l'achat d'une voiture est un acte écologique de premier plan.
Les banques ont également tardé à conditionner l'obtention de crédits à des indices environnementaux et BNP Paribas ne s'y est toujours pas mise.
Les actions qui sont privilégiées et mises en avant par les entreprises sont malheureusement souvent celles qui sont spectaculaires et peu efficaces alors que les vraies mesures sont négligées (travail  sur les déplacements des salariés ou l'efficacité énergétique des bâtiments).
Le mot "contrôle" est encore tabou quand il s'agit de développement durable. C'est une science inexacte et l'on doit bien souvent croire les entreprises sur parole, lorsqu'elles communiquent des données vertes dans leurs rapports annuels.
Le développement durable est une discipline neuve qui cherche encore ses marques, mais tant que les bonus des dirigeants seront indexés uniquement sur des critères financiers et économiques,  il sera difficile de faire bouger les choses et la crise que nous traversons risque de faire repasser ces actions au second plan.


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