JANVIER 2010 N°49  
Dans ce numéro
EDITO : Le théorème gagnant-gagnant 

 

 

Edito
Décider
Agir
Mesurer
Améliorer


 

 

"Je cherche le sens", "je ne comprends plus où on va", "je n'en peux plus de ne pas savoir", "je ne sais plus ce qu'on attend vraiment de moi", "ils ne comprennent rien", "on repart dans l'autre sens" … "Je n'ai plus envie" !
Belle introduction pour le premier édito de l'année, non ?
Ce n'est, bien entendu, pas moi qui parle ainsi, mais je me fais l'écho d'un brouhaha régulier qui entoure mon activité depuis quelques mois. Les revers économiques ont-ils déclenché ou révélé les mouvements de yoyo de la motivation des femmes et des hommes ?
Pour tenter une mise en perspective, je me suis replongée dans l'histoire de la motivation et du travail.

C'est ainsi que j'ai appris qu'à l'époque de l'Antiquité, l'idéal de l'homme libre était le "non-travail". Le travail était réservé… Aux esclaves !
Après un survol rapide de l'époque marquée par les croyances religieuses au Moyen-Âge (travail expiatoire puis exploitation du don qui nous est fait par un travail-vocation), l'histoire de la motivation passe directement au XIXe siècle et à son incontournable révolution industrielle.

Le Taylorisme et la conception unidimensionnelle de l'homme qui l'a accompagné, a envisagé, dans une organisation du travail fractionnée, que chaque travailleur soit prédisposé pour un poste. Il s'agissait alors de trouver le "one best way" pour que le salaire et l'ascension sociale soient les contreparties d'une productivité optimisée. Le salaire au rendement était né.

Des recherches menées par Elton Mayo dans les années 1930 à la Western Electrics ont ensuite fait émerger l'idée que l'entreprise, en tant que système social se devait de tenir compte du "facteur humain" et que le seul salaire au rendement n'était plus suffisant. L'intégration de l'individu dans un groupe a alors été considérée comme un facteur déterminant de motivation. Les courants du "small is beautiful" et de l'encadrement démocratique ont vu le jour à cette période.

Depuis les années 50 et les travaux de Maslow, les théories sont légion : théorie des besoins, théorie de l'attribution, de l'équité, des attentes, de l'aménagement du travail, de l'activation, des objectifs, des behavioristes, de la modification du comportement organisationnel, de l'apprentissage social, de la perception de soi, de la motivation sociale, des attitudes et des valeurs, des contraintes situationnelles et du contrôle…

Pour arriver enfin aux approches actuelles de la motivation qui mettent en avant la nécessaire convergence entre ce que le collaborateur attend et ce que son travail est susceptible de lui apporter.

Et si la première action anti-crise était d'écouter le "brouhaha" pour stimuler cette convergence  ?
Écoute, réponse, échange, motivation… "Donnez-moi un levier et je vous soulèverai le monde"…
Écouter pour faire levier sur la motivation qui fera levier sur l'innovation, sur la créativité, qui feront levier sur l'attractivité de nos entreprises, produits, services, projets et pourquoi pas sur les résultats ?

Certes, Archimède était un homme libre de l'Antiquité, un homme qui, par déduction historique, aurait pu aspirer au non-travail… Le fait qu'il ait été un des principaux scientifiques de l'Antiquité pourrait donc nous laisser imaginer qu'il était tellement motivé par ce qu'il faisait qu'il ne s'est jamais rendu compte… Qu'il travaillait !

Travailler sans jamais en avoir l'impression… Un théorème un brin utopiste mais assurément gagnant-gagnant. A minima, un bien joli voeu pour 2010 !

                                                                    Véronique THIEL

Notre prochain numéro sera le 50e. Pour l'occasion, il sera spécial et paraîtra au mois de mars.

DECIDER... De rire au travail.






 


...le rire peut aussi  avoir [...] des connotations péjoratives...


L’humour a sa place dans l’entreprise... Quand le climat de confiance dans une équipe le permet. Car le rire peut aussi avoir dans certains contextes et certaines cultures des connotations péjoratives et l’humour peut être contre-productif dans une situation de crise par exemple, explique Lionel Bellenger (« Rire et faire rire », chez ESF éditeur).
Ainsi, si aux Etats-Unis il est courant que les dirigeants d’entreprise débutent leur discours par un trait d’humour, les Français, eux, restent beaucoup plus réservés.
L’auteur explique que « l’humour est une forme d'intelligence supérieure, un signe de maturité » mais il revient sur les risques d’un humour orienté vers la dérision ou l’ironie. Le risque notamment de ne pas être pris au sérieux par les autres. Question de contexte et de dosage !
Néanmoins, force est de constater que le rire, libérant de la dopamine dans le cerveau, aide à se détendre et de ce fait, est un excellent anti-stress. Ainsi, trente secondes de rire équivalent à trois minutes de marche. A vos marques, prêts, riez !

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AGIR… Pour la diversité dans les entreprises dès les bancs de l'école.





 


Les élites sont issues de milieux sociaux représentant 10% de la population totale...


L’égalité formelle (assurée par les concours aux grandes écoles) est elle insuffisante ? En 2003, le gouvernement proposait d’utiliser la discrimination positive, si impopulaire en France, le modèle républicain connaissant quelques ratés. Aujourd’hui le débat autour des grandes écoles s’impose de nouveau sur la scène nationale, avec, en son centre la question du mérite. L’instauration de quotas pour les minorités ou encore la fin de la carte scolaire devraient permettre aux étudiants méritants des cités défavorisées, de poursuivre leurs études dans d’autres quartiers. L’intégration de ces minorités peut-elle avoir des conséquences négatives sur les résultats des écoles les plus prestigieuses ?
Le point crucial du débat n’est peut-être pas à chercher du côté des résultats…
Georges Charpak, Prix Nobel, explique que les élites sont issues de milieux sociaux  représentant 10% de la population totale. Un chiffre effrayant si l’on tient compte de la guerre internationale des talents à laquelle la France n’échappera pas. Les entreprises ont d’ailleurs été les premières à rappeler aux grandes écoles la nécessité de plus de diversité dans leurs rangs.

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MESURER… Le bienfait des entreprises. 

 

 


Dans un premier temps, il faut noter l'engagement dont fait preuve bon nombre d'entreprises.




















... faire du business est un excellent exercice de coopération. Faire des affaires c'est convaincre les gens de se faire mutuellement, y compris à travers les cultures et les frontières.


Le monde des affaires est tombé en disgrâce ces dernières années notamment à cause du scandale des subprimes, de l’affaire Enron ou de la dénonciation des salaires mirobolants de certains patrons.
Pourtant, il ne faudrait pas que ces faits regrettables noircissent le tableau et cachent la forêt des vertus du business.
Dans un premier temps, il faut noter l’engagement dont fait preuve bon nombre d’entreprises. Timberland met des étiquettes « Label vert » sur toutes ses chaussures. GlaxoSmithKline fabrique des médicaments contre le HIV disponibles à prix coûtant pour des millions d’africains, et Starbucks achète du café issu du commerce équitable. Les détracteurs du business opposeront que si elles se comportent ainsi c’est pour s’excuser du mal qu’elles font ailleurs.
Observons alors ce que les entreprises ont fait pour la prospérité de l’économie, et qu’aucune institution n’a pu égaler jusqu’à maintenant. Les moteurs d’avion de General Electric transportent 660 millions de personnes par an tandis que ses machines d’imageries médicales scannent 230 autres millions. Wal-Mart et ses « prix bas tous les jours » font quant à eux économiser 50 milliards de $ par an aux Américains. Sans compter, toutes les entreprises qui ont offert à tous, les biens qui étaient autrefois exclusivement réservés aux riches. Certes, le bien-être ne passe pas uniquement par l’assouvissement du désir matériel.
Allons donc plus loin dans notre plaidoyer en avançant trois arguments imparables.
Premièrement, faire du business est un excellent exercice de coopération. Faire des affaires c’est convaincre les gens de se faire mutuellement confiance, y compris à travers les cultures et les frontières. L’iPod d’Apple n’est pas seulement un miracle de design, c’est aussi un miracle de coopération, réunissant designers californiens, fabricants chinois et vendeurs de tous les coins de la planète. Rappelons que le mot « compagnie » est dérivé des mots latins « cum » et « pane » signifiant rompre le pain ensemble.
Deuxièmement, on peut dire que les affaires sont un exercice de créativité. Les hommes d’affaires n’inventent pas seulement des produits intelligents qui résolvent des problèmes futiles. Ils créent aussi des organismes qui fabriquent ces produits puis les distribuent à travers le monde.
Troisièmement, le business aide à maintenir un pluralisme politique. Les entreprises s’empêchent mutuellement de prendre le pouvoir et font office de contrôle du totalitarisme des gouvernements sur l’économie. La proportion des gouvernements dans le monde qui peuvent décemment porter le nom de démocratie a augmenté de 40 % en 1980 alors que la révolution pro-business, elle, a augmenté de 60 %.

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AMELIORER… Sa conduite du changement.

Rédaction:
Véronique THIEL

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Jean-Michel Moutot, co-auteur du livre « Pratiques de la conduite du changement », donne les conseils clefs pour  la conduite du changement.
En premier lieu, obtenir l'adhésion : il faut en effet mobiliser toutes les énergies autour d'un même objectif et combattre la résistance au changement. Etre à l'écoute de chaque personne et informer en adaptant son discours sont deux étapes indispensables.
Secundo, être "psy" : brainstorming et action collective permettent une meilleure implication des acteurs. Il faut savoir utiliser le concept viral pour diffuser les nouveaux objectifs.
Puis, il faut communiquer : une communication individuelle auprès des managers doit être suivie par une communication collective pour faire adhérer l'ensemble des collaborateurs.
Il faut également coordonner les équipes : il est essentiel de coordonner les différentes équipes qui planchent sur le projet et d'assurer une grande transversalité dans la composition des groupes de travail.
Enfin, il est nécessaire de savoir gérer dans le temps : la conduite du changement n'est pas une simple gestion de projet. Il faut y intégrer le risque humain et avoir plus de rigueur que dans la gestion d'un projet standard.

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