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Introduction d'Alain Weber

                                                                                         Introduction :  Cerner la notion de RSE

 

Notre conférence RSE s'ouvre avec l'intervention d'Alain Weber, président de Strasbourg Évènèments, partenaire de la conférence.

Après avoir occupé de nombreux postes de direction dans des structures organisant des événements (Palais de la Musique et des Congrès, Parc des expositions, Foires, Salons et Congrès de France...), Alain Weber a été élu président du conseil d'administration de Strasbourg évènements en 2008.

Congrès, salons, foires, spectacles, séminaires, colloques... : Strasbourg Evénement accueille ses clients au Palais des congrès et au Parc des expositions de Strasbourg.

Parallèlement à ses activités au sein de Strasbourg Évènements, Alain Weber est consultant indépendant depuis 2002.

 

 

 

L'éthique et la diversité sont 2 portes parmi d'autres pour entrer la RSE.

 

Mais tout d'abord, une remarque de forme :

RSE est l'acronyme de « responsabilité sociale de l'entreprise ». Pour ma part, je lui préfère l'intitulé de « responsabilité sociétale de l'entreprise » que je trouve plus juste quant au sens et plus exact quant à la chronologie car les entreprises n'ont pas attendu le tournant du 21e siècle et la RSE pour devenir conscientes qu'elles ont une responsabilité sociale alors que la prise de conscience de leur responsabilité sociétale est, elle, récente.

 

Ensuite, je voudrais faire quelques remarques sémantiques. Que signifient les termes : éthique, responsabilité, diversité ?

 

  • L'éthique est un vieux sujet, on pourrait même dire un vieux compagnon, des activités humaines et son voisinage avec la morale a fait l'objet de volumes nombreux. L'éthique peut être analysée comme la position collective d'un groupe à l'égard d'un système de références qu'il se donne ou, au contraire, comme un système de références qui préexiste et qui est reconnu par un groupe. L'éthique serait alors l'adhésion groupée à quelque chose, une manière collective de vivre, d'adhérer à un système. Elle se distingue donc de la morale qui est, elle, une perception individuelle, une grille personnelle d'analyse  du monde et de ce qui est juste, bon, acceptable...
  • La responsabilité est un concept nettement plus récent dans la mesure où l'homme n'a pas été placé, dès les débuts de l'humanité, au centre de son histoire et considéré comme responsable de ses actes. Selon les anciennes croyances les plus habituelles c'étaient les dieux qui assumaient cette fonction et qui avaient à répondre de la vie et du destin de chacun. Seul l'empereur pouvait, comme dans Cinna, déclarer : « Je suis maître de moi comme de l'univers ». En analyse plus contemporaine, on distinguera la responsabilité individuelle (au sens classique que lui donne Kant) de la responsabilité comme vertu sociale, plus collective (au sens du Gestallt que lui donne Heidegger parmi d'autres).
  • Enfin, le concept de diversité est plus complexe à analyser et plus difficile à approcher ou plutôt plus difficile à intégrer dans nos perceptions sociales sans tomber dans le communautarisme. La diversité nous pose à nous, Français, un problème particulier dans la mesure où elle vient heurter de front notre vision traditionnelle, héritée des Lumières et de la Révolution, celle de l'Homme Universel. La diversité a du mal à convaincre les Français de sa pertinence et à pénétrer leurs esprits d'où un scepticisme voire une hostilité à son égard. La diversité est donc une véritable richesse en même temps qu'un facteur de risque, de repli et de méfiance.

 

 

Maintenant, nous pouvons aborder en posant quelques questions.

 

Est ce que la RSE aujourd'hui tient plus du discours de mise en scène que d'une véritable prise de conscience ? Est ce un simple renouveau du discours ou, au contraire, assiste-t-on à une véritable prise de conscience des entreprises qui désormais fonderaient leur succès et leur croissance sur des bases sociétales responsables ? L'entreprise a une responsabilité collective en tant qu'elle est insérée dans une société et elle doit rendre compte à cette société, à cet environnement tout en poursuivant son but ultime et son rôle économique normal : gagner de l'argent.

 

 

Autre question : Pourquoi ce discours sur la RSE se fait-il jour maintenant ? Vient-il d'une réflexion des entreprises sur leurs fondements, leur rôle, leur éthique ? Ou n'est-il que la dernière carte de responsables politiques qui ne sauraient plus à quel Saint se vouer et qui y verraient dans l'entreprise le dernier cadre institutionnel à peu près stable sur lequel s'appuyer ?

Ou pire n'est-il que l'expression superficielle  « éléments de langage » fournis aux entreprises par des communicants imaginatifs ?

 

 

Force nous est de constater que nous sommes aujourd'hui en pleine mutation et pas simplement en crise comme certains le sous-entendent. Une crise peut recevoir des solutions, des réponses. Une mutation, non. La seule chose que l'on peut faire c'est de l'accompagner. Nos responsables politiques, un peu désemparés, ne verraient-ils dans la responsabilité collective qu'une bouée de sauvetage à laquelle s'accrocher et dans la RSE un enjeu politique majeur à investir ?

 

 

À côté de ces quelques pistes de réflexions une proposition de définition de la RSE pour lancer le débat pourrait être :

 

Une démarche par laquelle les entreprises prennent en charge les préoccupations sociales, environnementales, productives dans un contexte économique de recherche du profit.

 

Cette définition provisoire pose quatre questions au moins :

  1. Définitions des enjeux ?
  2. Mode de gouvernance ?
  3. Choix des investissements ?

 

www.scot-relocation.com

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